mardi 6 mars 2012

D-ENJEUX SOCIAUX-CULTURELS


 Cette culture du haschisch, comme on a pu déjà observer, elle rapporte des gigantesques chiffres d’argent sur la zone du Kif. On trouve deux parties dans la distribution de l’argent gagné. D’une part, on trouve les agriculteurs, qui font le travail dur pendant des longues semaines pour récolter cette drogue très bien payée. D’autre part, on trouve les maffias, qui proviennent normalement des pays riches et qui cherchent à tirer le plus grand bénéfice avec cette substance grâce aux travails de ses petits cultivateurs. Comment se distribue les récompenses de cette culture de cannabis ? Et quelles conséquences amènent pour leurs vies ? Pour ceci on étudiera les agriculteurs puis les des mafias


Dans les montagnes marocaines, la production de cannabis génère énormément de devises. Pourtant, la misère perdure… tout au moins chez les agriculteurs.

La région du Rif est par nature une région peu propice aux cultures agricoles. La chaîne montagneuse qui la traverse d’est en ouest en occupant la plus grande partie du territoire, ses pentes très prononcées, ses hauts sommets, ses encaissements et ses précipices rendent difficile le développement d’une agriculture de rente qui puisse aller au-delà de l’autoconsommation. Avec 130 habitants au km2, la population du Rif, très élevée pour de telles conditions naturelles, vit essentiellement de la culture du cannabis. Pourquoi ? Parce que le cannabis requiert peu d’espace pour une rentabilité inégalée. C’est par ceci, que des milliers de familles vivent de la culture du cannabis  depuis plusieurs décennies. Les agriculteurs du cannabis dans cette région n’ont pas d’autre alternative que de tenter de s’insérer dans les réseaux de trafic illégal de drogue. On pourrait penser, que comme le cannabis est un produit très bien payé, ses cultivateurs auraient des chiffres gigantesques d’argents sur ses poches, mais ce n’est surtout pas comme ça que les agriculteurs vivent…
Les bénéfices de cette drogue sont vraiment  mal répartis. En effet, les paysans ne gagnent que de 1 à 5% de sa valeur finale sur le marché, soit de 10 000 à 70 000 dirhams (900 à 6300 euros). Très peu d'habitants de la région profitent vraiment de cette culture. Certaines maisons cossues appartiennent à la poignée de cultivateurs et d'intermédiaires qui se sont enrichis de cette production. Le reste des habitants gagnent péniblement leur vie. Abdelouaret El Bohidi ne produit que dix kilos de cannabis par an, qu'il vend à 250 euros le kilo. Entre rackets et intempéries, ses revenus sont très faibles et il gagne à peine de quoi faire vivre sa famille : « C'est tout ce que je possède. Avec ces sacs de kif, j'achète des graines, du blé, de l'huile, du savon, les cahiers d'école, je paie l'électricité, j'achète à manger. Je soigne mes enfants. ». Malgré, cette mauvaise répartition du côté des agriculteurs, ils réussissent plus d’argent avec cette culture inégale qu’avec d’autre cultures puisque rappelons qu’en règle générale les prix à la ferme du cannabis sont de loin supérieurs à ceux des productions agricoles vivrières (blé, riz, orge, maïs, yucca, igname) ou même de rente (cacao, café, thé, bananes, canne à sucre, agrumes, etc).

Quant aux cultivateurs, ils ne sont pas assis sur leur terre à attendre que leur plante pousse les mains dans les poches, non, ils sont armés, nombreux, organisés, bref des paysans qui défendent comme ils peuvent leur seule source de revenus. Ils refourguent la quasi-totalité de leur production aux gros bonnets de la mafia mais vende le reste aux nombreux touristes qui s'égarent dans les chemins montagneux du Rif. Il faut considérer les cultivateurs de cannabis comme des agents économiques à part entière. Ils ne sont pas fous. Ils gagnent leur vie ainsi par défaut... et tant qu'on n'offrira pas à ces habitants une alternative rationnelle à ce commerce illicite, on n’aura pas résolu le problème.
La production de haschisch est clairement interdite par la loi, mais elle est néanmoins tolérée par les autorités qui, selon les fermiers, y trouvent aussi leur compte. Malgré des pressions européennes sur le gouvernement marocain pour éradiquer cette culture, et plusieurs projets visant à réduire la production de cannabis, la quasi-totalité des cultivateurs continuent à cultiver la plante au grand jour. Abdellah Eljout, un élu local et militant associatif, souligne : « Il n'y a pas d'alternatives dans la région. On est à la cinquième génération de culture de cannabis. Cette région a besoin d'aide. Les gens ne disent pas qu'ils veulent cultiver du cannabis, ils disent qu'ils veulent vivre. Et ils sont prêts à ne plus en cultiver à condition de trouver un moyen de subsistance qui soit digne. » Les agriculteurs exigent de l'Etat une position claire sur le problème dans la région. Un autre cultivateur, Mohamed Amaghir, déclare :« S'ils veulent nous interdire de cultiver, qu'ils nous le disent à la télévision ou que nos élus ou les autorités nous le disent. Nous, on ne demande qu'un morceau de pain et rien d'autre. » Selon ses agriculteurs la solution commence d'abord par une volonté politique d'appliquer la loi et de stopper une culture qui dure depuis plus de cent ans en donnant les moyens aux paysans de travailler la terre autrement.
L’état et certaines ONG cherchent à éradiquer ce gigantesque problème qui affecte a nombreuses familles de son territoire, différentes ONG cherche à l’éradiquer en trouvant des nouvelles cultures alternatives pour ses familles. Un exemple d’ONG est le CERAI, qui est  créée en 1994 cherchant  à transformer le monde rural et agraire dans un esprit de développement durable, de solidarité, de respect des droits humains et de la démocratie participative. Entre 2000 et 2003, l’ONG a participé avec l’Union Européenne à un projet d’« introduction et de développement de cultures alternatives dans le Rif marocain » qui prétendait trouver des solutions agricoles pour des milliers de paysans cultivateurs de cannabis. Il s’agissait essentiellement d’un projet pilote, qui consistait à aider une demi-douzaine de paysans dans la création d’exploitations « modèles », de façon à inciter leurs voisins à emprunter la même voie pour substituer l’économie du cannabis. Des enquêtes ont été réalisées, des possibilités ont été étudiées et finalement, seuls quelques vignobles et amandiers ont pu être plantés. Ella a aussi fait la promotion de l’élevage de chèvres. Les résultats ont montré qu’il est réducteur de n’aborder le problème de la culture du cannabis d’un point de vue uniquement agricole. Le contexte géographique, culturel et économique de la culture du cannabis, suggère qu’il est extrêmement difficile d’envisager des cultures alternatives et même des projets de développement intégral. Cette ONG n’affecte pas seulement aux agriculteurs mais aussi a ses femmes. Le CERAI mène aussi un projet de promotion de la femme rifaine, avec la création d’une coopérative féminine d’exploitation de mines de sel. Elle est aujourd’hui fonctionnelle et la vente du sel permet à ces femmes et à leurs familles d’obtenir un petit salaire, même s’il est minime, qui ne provient pas du cannabis. Dans le même axe, la création d’une coopérative textile féminine est en projet. Ses ONG c’est évident qu’ils veulent changer ce gigantesque problème, mais comment vont-ils réussir à changer une telle société qui vit depuis de décennies de cette culture cannabique,  avec des cultivateurs qui sachent parfaitement qu’ils ont plus de bénéfices avec le haschisch qu’avec d’autres cultures vivrières ?
L'Etat ne veut pas prendre position pour l'instant car la situation est très délicate et en attendant une réforme concrète, la drogue continue à circuler illégalement dans le pays faisant la fortune de quelque mafieux qui profite des failles du système…

Dans les mêmes montagnes, des maffias s’enrichissent grâce au dure travail des paysans.

Le cannabis a fait de cette région du rif, une gigantesque usine de drogue à ciel ouvert gangrené par la corruption, où une poignée de mafieux s'enrichissent sur le dos des habitants, qui se bénéficient de la grande majorité du prix final, c’est-à-dire du 95% du total avec des revenus atteignant des millions, voire des milliards d’euros chaque année.
Le trafic de cannabis est organisé par des mafias étrangères exploitant des paysans du Rif sous-payés. Ses maffias proviennent des pays développés et cherchent à gagner des grandes fortunes avec ses pauvres paysans. Elles essayent de les vendre dans l’Europe à un prix très supérieur au prix auquel eux ils l’ont acheté. Le pays plus affecté par la vente de cannabis est l’Espagne, expliqué facilement par la courte séparation de ses deux Etats. Les autorités espagnoles ont saisi l’année dernière plus de 738 tonnes de cette drogue en provenance du Maroc et à destination des différents pays de l’Union européenne, soit plus de 70% du total de la drogue saisie dans toute l’Union. 

Comment fonctionne se trafic ?
Chefchaouen, Ketama, Ouezzane peut-être que ces villes ne vous disent rien mais à elles seules elles fournissent le monde en drogue. Des milliers d'hectares cultivés depuis des décennies, comme une tradition, avec au milieu des plantations les rustres maisons des cultivateurs construites en forme de hangars pour stocker les productions locales. C'est dans ces hangars que commence le circuit infernal du trafic de drogue. Voilà à peu près comment ça se passe : Chaque soir, des voitures chargées à bloc (jusqu'à 200 kilos de kif et de résine par voiture) prennent leur départ; après quelques kilomètres elles seront vite confrontées aux premiers barrages, deux choix s'offrent alors à elles : Premièrement, faire du chantage aux douaniers avec une bouteille de vin ou deuxièmement ,contourner grossièrement la douane en empruntant des petites pistes dangereuses, dans ce cas, des passeurs ingurgitent des «caramels » emballés dans de la cellophane, et ainsi de suite. Le barrage de Zoumi, extrêmement surveillé, représente le plus gros danger : une fois dépassé, la cargaison sera déposée dans d'autres hangars où le cannabis en poudre sera "pressé" puis coupé afin d'être distribué partout dans le pays.

Dans cette vidéo, on peut voir la corruption dans le pays:



Tout cela s'effectue en toute illégalité, au vu et au su des autorités qui ferment les yeux face à un problème insolvable.

On peut donc conclure que cette culture du cannabis affecte deux parties complètement différentes. On trouve d’abord les paysans, qui concernent plusieurs milliers de personnes d’origine rifaine qui réussissent à vivre très difficilement avec cette drogue. Dans l’autre part on trouve les maffias, qui sont les plus bénéficiés de cette affaire puisque grâce aux efforts des paysans, ils réussissent à gagner des immenses quantités d’argent en les exportant dans les pays d’Europe.

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